Je ne sais pas si je suis la seule à le constater mais le Service Public de la Petite Enfance promis, main sur le cœur, devient , entre beaucoup d’autres, l’Arlésienne du bilan des deux années de l’occupant élyséen.
Ce n’est pas avec la dernière annonce des départs à la retraite non remplacés dans la Fonction Publique que j’imagine une amélioration en la matière.
La rigueur de mon propos voudrait que je décrive à quel point le gouvernement peut être irresponsable voire incohérent. Décrire la manière dont subtilement, il met en demeure les collectivités territoriales. Il transfère, non seulement des compétences sans compensations mais également ses responsabilités.
Ces descriptions affinées feront l’objet d’une note particulière.
Force est de constater, davantage lorsque nos contacts avec nos populations se multiplient, qu’il s’avère souvent désagréable d’amorcer un parcours du combattant dès lors que l’on recherche un accueil pour son bébé.
Après les joies de la naissance, les affres d’une solution pour les parents !
Il n’est pas plus agréable pour le Maire de répondre régulièrement : « nos structures sont au complet ».
Certes le plus souvent, les collectivités, bien plus souvent placées à gauche de l’échiquier politique, n’ont pas à rougir des structures existantes. Des crèches collectives, familiales, haltes-jeux voire micro-crèches sont rarement absentes des offres de services présentées à la population.
Ces choix ont des conséquences importantes, il faut réunir les moyens humains et financiers afin d’adapter les accueils aux évolutions sociales et sociétales (familles monoparentales ; chômage ; insertion ; réduction du temps de travail ; temps partiel choisi ou contraint, etc.) mais aussi être en mesure de répondre à un plus grand nombre. Préserver l’esprit qui doit présider tout service public : l’accueil du Petit Enfant ne doit pas être obsédé par le facteur de rentabilité mais bien, un service disponible pour les familles, plus particulièrement, celles qui ne disposent pas des moyens nécessaires pour avoir le choix.
S’il est nécessaire de toujours s’interroger sur une meilleure prise en compte des évolutions, des besoins. Il est indéniable de constater que créer des locaux ne suffit pas.
Notre réflexion doit prendre en compte l’urgence des moyens humains à obtenir au sein des structures. Il s’agit d’un secteur parfois malmené, peu prit en compte et pourtant incontournable.
Outre l’approche d’une valorisation salariale (statut et rémunération..), il est également important d’être en capacité de susciter certaines vocations.
La filière Médico-sociale, dans son ensemble est loin d’être mise en avant, pire, l’on supprime des postes à pourvoir. L’on abaisse donc le nombre de personnes susceptibles de passer les concours. Est il utile de revenir sur le nombre d’Infirmières insuffisant dans le Public ? Le manque de personnels formés pour intégrer une structure d’accueil du Petit Enfant ?
Une réforme de la filière prenant en compte les réalités vécues, quelquefois subies par les Collectivités, les populations, les Etablissements pourrait être envisagée.
Le diversification des offres d’accueil, la multiplicité de ces dernières restent un gage de cohésion sociale.
Il est illusoire d’imaginer que Nicolas Sarkozy n’a d’ores et déjà pas abandonné cet esprit compte tenu des engagements non tenus voire camouflés.
L’esprit du décret de 2007 sur la formation des personnels d’une part, l’acharnement à ouvrir de nouveaux marchés dont celui de l’accueil du Petit enfant d’autre part, ancrent mes inquiétudes.
Je n’omets pas la volonté affichée de rayer du parcours de l’Enfant, le passage important et nécessaire, par l’Ecole Maternelle au profit de jardins d’enfants ou autres modes d’accueil privés.
Concilier sa vie familiale et professionnelle se relèvera bientôt de plus en plus pénible. Bien entendu, pas pour les familles dont les revenus permettent, soit que l’un des parents (en général la mère) puisse demeurer à domicile, soit que les revenus permettent de trouver une « nounou » en bénéficiant en plus de la déduction d’impôt.
Notre vigilance doit être accrue. La casse et ce dans tous les domaines liés aux Services Publics doit demeurer l’une de nos plus grandes préoccupations.