Convention Fédérale du 4 avril 2009 – Ris Orangis
Intervention de Stéphanie Atger, Secrétaire Fédéral aux Services Publics et Questions Sociales.
Bonjour à toutes et bonjour à tous,
Je tiens tout d’abord à remercier les participants à cet Atelier, tant pour leurs présences, la qualité de leurs interventions que leurs compréhensions face au temps imparti. Trop court pour aborder ce très vaste sujet, et qui sans doute, nécessitera l’organisation d’un autre temps de débat, sur une demi journée voire une journée entière.
Harlem Désir a rappelé leurs importances et toute la place que les Services Publics doivent prendre dans la campagne des européennes.
A vrai dire, il est nécessaire d’affirmer que les Services Publics étant le patrimoine de ceux qui n’en ont pas, il est urgent d’agir . Non seulement réinvestir les mouvements qui s’organisent mais aussi à plus long terme, en effet qu’il s’agisse :
- du Service Public de l’Emploi, qui, après une fusion bâclée entre l’ANPE et les ASSEDICS, implique une dégradation constante des conditions d’accueil et d’accompagnement des usagers. En créant ce pôle emploi, on permet ainsi son ouverture à la privatisation et de fait à la déresponsabilisation des pouvoirs publics. Laurine, du MJS, est intevenue par ailleurs plus particulièrement sur les jeunes face au Chômage et je l’en remercie.
Est il pourtant possible de laisser dans le Chômage des pans entiers de population ? Qu’en est il des reclassements, de la formation tout au long de la vie ?
- le Service Public de l’Education que les lois dites « Darcos » appauvrit petit à petit. Il ne s’agit d’ailleurs pas que de Darcos mais bel et bien de la conception de la Droite en la matière, qui privilégie le conservatisme et l’individualisme au détriment de l’Intérêt général. Rappelez vous le rapport Thélot en 2005, où en son sein, existait déjà toute l’idéologie la plus réactionnaire contre l’Ecole Publique.
N’est il pas urgent de permettre au milieu scolaire de disposer des moyens nécessaires pour répondre aux enjeux d’une société en profonde mutation ?
- le Service Public de la Santé, outre l’Hôpital Public déjà en danger, ce n’est pas la dernière loi, dite « Bachelot », votée au détriment des usagers et de leurs santés, qui peut me contredire. En parallèle, quelles politiques sont menées pour la prise en charge psychiatrique, pour l’accompagnement en fin de vie ou pour les personnes dépendantes?
N’est il pas impératif d’être en mesure de proposer des offres de soins aux populations même les plus précaires ?
- le Service Public de la Recherche, où le secteur manque gravement de moyens, qui à terme, aura comme unique conséquence, de détruire le fondement même des institutions liées à la Recherche.
La nécessité absolue de permettre à la Recherche de progresser n’est elle pas évidente ?
Que dire des démarches entreprises par les gouvernements de Droite successifs depuis 2002, qui ont libéralisé les secteurs de l’Energie, du Transport et de l’Eau. Les stratégies adoptées pour leurs développements n’ont rien à envier à celles développées par les plus grandes multinationales.
Ne s’agit t’il pas des citoyens qui voient leurs factures flambées alors que l’accès à ces sources demeurent un droit fondamental ?
A ce jour, il n’y a que les Collectivités Territoriales qui protègent contre ces démantèlements massifs. Les efforts budgétaires consentis sont très importants pour préserver l’accueil du Petit Enfant, l’accueil en Centres de loisirs, permettre à des enfants de partir en vacances, permettre la pratique du sport, l’accès à la culture. Les collectivités qui font le choix de maintenir leurs offres de services, demeurent les uniques remparts contre le désengagement de l’Etat et les relégations que cela implique.
Le tableau est sombre et la situation de notre département peut être emblématique de l’action de la Droite. Quelque soit le côté où l’on regarde (j’en ai oublié par ailleurs) . Un seul constat, la Droite casse les équilibres sociaux et sociétaux.
Malgré ce sombre tableau, nous ne devons nous avouer vaincu.
En effet, d’une part, il est urgent de rappeler nos conceptions socialistes en la matière. Que sont les Services Publics pour nous, que représentent ils ?
L’objet même de cet Atelier rappelle l’importance que revêt le Service Public pour nous. En effet, le socialisme, toujours porteur d’une volonté de transformation et d’émancipation, considère qu’il n’existe pas de régulations spontanées conformes aux principes de justice et de démocratie. Qu’il faut de ce principe, toujours s’interroger sur le projet de société que nous souhaitons et sur la faisabilité de ce dernier.
Etre socialiste, c’est rappeler notre exigence pour rendre la société plus conforme à nos valeurs, l’Egalité, la Liberté, La Solidarité, la Justice, la Tolérance. Qu’il n’existe pas une loi du marché qui puisse garantir ces principes au plus grand nombre et que seuls, les Services Publics, tels que nous les concevons, puissent être garant d’un véritable équilibre social et sociétal.
Il s’avère donc indispensable d’être en capacité de proposer une alternative, d’être en capacité de promouvoir un autre modèle de société, d’être en capacité de faire vivre et rendre majoritaire, la part d’espoir et de progrès dont la République a besoin.
Y compris aborder les débats, qui peuvent parfois crisper mais pour lesquels nous trouverons des convergences, sur l’avenir du Service Public tel que nous le connaissons depuis la sortie de la Seconde Guerre Mondiale et aborder les thèmes, inhérents aux termes de la loi dit de 2001 sur la délégation de service public ou encore les débats relatifs à la Révision Générale des Politiques Publiques engagés par le gouvernement depuis 2007.
Il est de notre responsabilité de présenter un débouché politique crédible à la population de nos territoires. C’est dans ce sens que nous allons décliner nos travaux au sein de la commission fédérale des Services Publics, avec, à mes côtés, les délégués fédéraux qui ont la responsabilité d’une thématique et qui seront force de propositions. Que je tiens à remercier pour le travail qu’ils ont déjà accompli et leurs interventions de ce matin.
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