Un congrès historique ?
Ce 75ème congrès du Parti Socialiste, qui s’est déroulé à Reims ce week-end laissera sans nul doute quelques stigmates. ..
A commencer sur nos heures de sommeil ! Les nuits sont courtes, non seulement lors du congrès national mais davantage pendant toute cette période de démocratie interne.
Celle du samedi, appelée la nuit de la Commission des résolutions, est incontestablement la plus longue car la plus déterminante. En effet, même si intellectuellement, nous entendons les mots entre les lignes, nous reconnaissons les signes extérieurs, les gestes qui ont une portée et de fait, nous indiquent les orientations qui seront portées lors de cette longue traversée nocturne. Nous plaçons, pourtant et résolument, notre confiance en nos responsables, car justement, responsables.
A ce titre, ils nous représentent. Ils nous représentent avec les messages que nous leur avons délivrés : tout d’abord, par nos votes, mais aussi, par les échanges à travers les différentes réunions qui gravitent autour de la salle plénière ! Ces réunions formelles ou pas mais dans lesquelles nous exprimons la manière dont nous souhaitons que nos responsables se comportent.
Nous sommes confiants donc et dans le contexte de ce congrès, bien davantage.
Pour quelles raisons ce congrès se révèle t’il essentiel pour l’avenir du Parti Socialiste ?
Il est vrai que nous sommes à la croisée des chemins. Nous héritons pour une part, d’une situation nationale confuse, en mutation. L’individualisme qui a muté en l’idée qu’aujourd’hui pour s’en sortir, c’est le système du chacun pour soi qui prime. Les esprits mangent, boivent, se gavent parfois, des phrases toutes faites, des idées reçues sans prendre le recul nécessaire sur le contenu. Les médias dont nous avons besoin mais qui cassent, qui orientent de manière inéluctable ce que l’opinion doit penser. Un paradoxe dans cette mutation de l’individualisme puisque le fait médiatique dit « quoi penser à tous » !
La place du politique est abominable dans ce contexte. Une véritable ségrégation intellectuelle se conjugue et l’application de la pensée « Sarkozienne » a lamentablement gagné. Celle qui consiste à broyer les clivages idéologiques, pire, à distiller que l’idéologie, du moins ceux qui en font, s’avèrent grégaires, dépassés. « Les gens ne lisent plus, ne nous écoutent plus », « à quoi ça sert » mais dans le même temps, les élu(e)s locaux, les quelques véritables militants restants sont chaque jour soumis aux plaintes, aux interrogations « pourquoi ces impôts », « pourquoi ce chômage », « pourquoi pas de places en crèche », « pourquoi la Poste est-elle fermée » . La Droite ne pense plus puisque le « Chef » parle et les soldats exécutent. Le « Chef » tousse, et ils sont tous enrhumés. Le « Chef » arbitre au gré de la pensée ambiante, indiquée via les sources médiatiques, à coup de sondages. Nous sommes dans l’instantané, souvent dans l’improvisation sans avoir une vision, ne serait ce qu’à court terme.
Le constat se veut volontairement grave car cet état de fait est grave. Il l’est suffisamment pour toutes et tous ceux qui se sont engagés en Politique mais surtout pour celles et ceux que cette manière de gouverner et diriger, détruit.
L’engagement militant, qu’il se fasse via la Politique, le syndicalisme ou, dans l’associatif est un engagement qui ne s’improvise pas, qui ne se commande pas. Il part de convictions et d’envies. Naïvement, il se construit pour changer un peu la donne puis évolue pour entendre les mutations de la société et l’accompagner à notre niveau, du mieux que nous pouvons.
L’engagement au Parti Socialiste est celui qui nous oriente sur une vision de la société qui ne soit pas celle où « le chacun pour soi » préside mais bien qu’il existe une articulation sociale respectueuse de tous. Une société qui ne supporte pas que les plus faibles soient oubliés, une société qui inclue et qui permet au plus grand nombre de s’organiser dans sa vie, sa vie professionnelle, familiale, citoyenne..
Pour toutes ces raisons, je suis convaincue que nous avons besoin du Parti Socialiste. D’un Parti Socialiste composé de forces militantes mais aussi indiquant la voie, forte des valeurs qu’il prône, des valeurs engrangées dans notre Histoire et des progrès que nous avons accompli, toujours en accord avec notre Temps. Cela veut-il dire accepter tout et n’importe quoi sous ce prétexte ?
Notre temps ne veut pas dire accepter ce que Sarkozy en fait, mais bien de redonner une vision politique, cassant cette manière d’aborder la société, redonnant de l’idéologie dans nos échanges, nos pratiques. Bref, faire de la politique. Celle qui parle à tout le monde, celle qui dit ce que les lois peuvent prévoir, doivent prévoir, celle qui donne la capacité à chacun de se retrouver dans cette société, celle qui émancipe, celle qui n’a pas honte des idéaux.
Oui le Parti Socialiste prend le risque du débat, de s’exposer…Mais les débats ont toujours été sains pour avancer. De ces clivages, il faut en faire une force.
Là était l’Etat d’esprit de Martine Aubry et là est sa volonté aujourd’hui. Elle est celle qui remet ces espoirs en marche, qui nous a permis de dépasser tous les clivages anciens, ces parasites de l’évolution. Nous avons travaillé collectivement, avec la même cohérence…C’est la raison pour laquelle les propositions de la Motion D me paraissent être celles qui portent notre avenir. Pas l’avenir du fait que Sarkozy gagne, mais bien que le Parti Socialiste soit au devant de toutes les batailles et soit force de propositions.
Mon état d’esprit était celui de la construction et je n’ai vraiment pas compris l’issue de cette nuit des résolutions.
Certes, il apparaît de manière évidente, que la conception même de la politique déclinée par Ségolène Royal n’est pas la mienne et que dans ce cas, nous ne ferions pas une synthèse avec elle.
Je ne stigmatise pas celles et ceux qui la choisissent, je ne la stigmatise pas elle en tant que personne mais en sa qualité de responsable. Elle porte en elle la responsabilité de répondre à l’envie des médias, celle de rejouer le match de la présidentielle de 2007.Et là, pas d’inquiétude, nous savons par avance, qu’il n’y aura pas la possibilité de jouer « la belle » car à ce jeu, Sarkozy détient plusieurs années d’avance !!!
Elle porte en elle le clivage, la responsabilité de ne pouvoir rassembler car elle n’a rassemblé que 29% des militants. Vous rendez vous compte qu’il existe en dehors de cela, 70% de militants qui souhaitent au contraire, un retour à nos valeurs, et un retour du politique. Peut être juste une manière de mieux respecter le travail de plusieurs générations avant nous et de milliers de militants.
Ensuite, il a existé des nuances sur la manière dont ce retour doit s’opérer. Et là, je ne comprends pas pour quelles raisons ces nuances n’ont pas trouvé de solutions. Et là, je maintiens que certains ont prit la responsabilité de placer le Parti Socialiste dans une situation difficile à l’intérieur mais surtout à l’extérieur.
L’attitude de Benoit Hamon est irresponsable. Je le dis. Je suis en colère contre lui surtout qu’à aucun moment des discours, le sien et celui de Mireille Le Corre, je n’ai entendu de divergences profondes avec la démarche de la Motion D et A. Il maintenait coûte que coûte sa candidature, faisant fi du reste, car je suis persuadée qu’il a joué la carte du duel avec Royal et donc, préalablement, celle qui le mettra au devant de la scène dans 3 ans. Je ne suis pas certaine que ce soit l’avis de ses militants, du moins, de toutes celles et de tous ceux qui se sont portés sur la Motion C.
L’absence d’un candidat de la Motion A, de fait, ne laissait pas le choix à un candidat issu de nos rangs de se présenter. Et toujours en cohérence avec sa démarche initiale, Martine Aubry, sincèrement affectée par le fait de ne pas avoir trouvé de consensus constructif a prit ses responsabilités. Et elle doit recevoir l’ensemble de nos soutiens.
Non seulement, il s’agit d’une candidature qui porte la conception exprimée par la majorité des militants et donc plus à même de rassembler mais aussi, celle qui porte la conception que j’ai décrit. Celle de l’idéologie, du combat d’idées, de l’engagement militant respecté, du Politique avec un grand P.
Il n’y a qu’à entendre la provocation voulue de Ségolène Royal, samedi et je vous invite à toutes et tous la diffuser pour prouver, s’il en est aujourd’hui besoin, qu’elle ne peut être celle qui peut nous mener vers un avenir plus serein et plus respectueux des attentes de la population, sur ce que nous devons leur proposer pour qu’il regarde demain avec envie et non craintes.
Stéphanie Atger



Bonjour Stéphanie,
Certes je ne partage pas vraiment ton analyse mais je constate ton engagement intact et toujours autant de force à défendre les idées auxquelles tu crois (et ce malgré un manque cuisant de sommeil je présume).
Finalement, ce sera les militants qui trancheront, toi, moi et les autres .... Il faut juste espérer qu'après ce vote et quelqu'en soit l'issue, nous repartirons tous ensemble à l'assaut et vers de nouvelles conquêtes sociales. Serons nous capables d'accepter le résultat et de gommer les affrontements de ces derniers mois ? Sur ces questionnements bonne soirée et bonne nuit.
Amitiés toujours plus socialistes
Rédigé par: Anna Na | 17 novembre 2008 à 18:39
Ségolène provocante ?! Forcément elle est attaquée de toute part, alors elle se défend. Je trouve lamentable ces querelles de pouvoir et ces "alliances" de circonstance mais pas d'idées ni de projet commun.
Rédigé par: Sophie | 18 novembre 2008 à 10:00